Location longue durée photovoltaïque
Montage de financement dans lequel un tiers installe une centrale photovoltaïque chez le client et perçoit une mensualité fixe pour l'usage du matériel, quelle que soit la production, tout en restant propriétaire et en conservant les aides et avantages fiscaux.
La location longue durée règle l'obstacle le plus dur de la vente photovoltaïque : l'apport initial. Un financeur spécialisé achète l'installation, la fait poser chez le client et perçoit une mensualité qui peut se situer sous la facture actuelle. Le client obtient une électricité moins chère sans capital, le financeur encaisse la mensualité et les aides, et l'installateur conclut une affaire qui serait morte sur la question du financement.
Le mécanisme est simple. Une société de financement reste propriétaire de l'installation pendant une durée qui va généralement de 10 à 20 ans. Le client héberge l'installation et paie une mensualité fixe, souvent assortie d'une indexation annuelle de 1 à 3 pour cent, quelle que soit la production des modules. Maintenance et supervision restent en principe à la charge du propriétaire, et c'est un argument de vente. À l'échéance, le client peut prolonger, racheter ou faire déposer l'installation.
Là où le modèle se complique
En France comme ailleurs en Europe, la détention par un tiers est restée marginale en résidentiel, et la raison tient d'abord aux aides. La prime à l'autoconsommation revient au propriétaire de l'installation : pour un foyer capable d'acheter, même à crédit, l'acquisition l'emporte donc presque toujours sur la location en économies à 20 ans. La location garde tout son sens pour qui ne veut pas s'endetter, et surtout dans le tertiaire, où la mensualité est une charge d'exploitation déductible plutôt qu'une immobilisation au bilan. Le tiers-investissement porté par des collectivités ou des sociétés d'économie mixte relève de la même logique à plus grande échelle.
Un second point mérite d'être posé en entretien : la vente du bien. Un contrat de location en cours doit être transféré à l'acquéreur, qui peut refuser de le reprendre, et un rachat contraint juste avant la signature peut ruiner des mois de préparation.
Pourquoi c'est important pour les installateurs photovoltaïques
Ne proposer que la location, ou que l'achat financé, laisse de l'argent sur la table. Le vrai savoir-faire consiste à identifier quel client veut quelle structure et à lui présenter la bonne en premier. SolarVis modélise location, crédit, comptant et PPA côte à côte dans le devis : le commercial laisse les chiffres du client désigner eux-mêmes la réponse.
Questions fréquentes
- Quelle différence avec un PPA ?
- La location facture une mensualité fixe pour l'usage du matériel, le PPA facture chaque kWh réellement produit. En location, la mensualité du client ne bouge pas si l'installation produit moins que prévu : le risque de production reste chez le client. En PPA, le client ne paie que lorsque l'installation livre, et le risque passe au propriétaire.
- Le client conserve-t-il les aides sur une installation louée ?
- Non. La prime à l'autoconsommation et les avantages associés reviennent au propriétaire de l'installation, donc au loueur. Le client n'en bénéficie qu'indirectement, à travers une mensualité plus faible qui reflète l'aide déjà monétisée par le financeur. C'est le point à clarifier en début d'entretien, car beaucoup de clients supposent qu'ils peuvent cumuler mensualité allégée et prime.
- Peut-on racheter l'installation ?
- La plupart des contrats prévoient des options de rachat à la cinquième ou à la dixième année, ou en fin de contrat, à la valeur de marché. Certains accords récents proposent un échéancier de rachat à montant fixé. Racheter après que le loueur a consommé les avantages fiscaux suppose de vérifier que le prix ne dépasse pas celui d'une installation d'occasion équivalente.